Muybridge, L'homme qui court

Muybridge, L'homme qui court

jeudi 15 novembre 2012

Synopsis des cours du 18 et 25/10 et du 15/11/2012


La biographie d'un auteur est une mine d'informations qui relèvent autant de l'anecdotes que de l'idiosyncrasie. Celle de Thomas Hobbes, philosophe anglais né en 1588 et mort en 1679 ne fait pas exception: sa biographie regorge d'évènements dont on  est tenté de croire qu'il donne du sens à l'oeuvre.  Ainsi de la menace de l'Invincible Armada qui pèse sur la naissance de Hobbes: elle peut relever de l'anecdote d'autant insignifiante qu'elle est erronée ou elle peut faire croire à une destinée marquée du sceau de l'effroi.
Ainsi, la vie d'un auteur est l'agréable détour qu'il faut savoir faire avant d'aborder l'oeuvre, mais la lecture de l'oeuvre seule nous en révèlera le sens. La vie est source de l'oeuvre du philosophe, mais cette source n'est est que l'origine temporelle; les méandres de la vie ne commande pas la possibilité de penser au-delà des contraintes du quotidien.

Dans le cas de Thomas Hobbes, il convient cependant d'être attentif au contexte historique. Notre ignorance des révolutions anglaises nous cachent ce contexte historique; notre prétention toute française à croire que seule la Révolution française abolit la monarchie et permit l'avènement des républiques à travers le monde nous aveugle quant à la spécificité de l'oeuvre de Hobbes. En effet, Hobbes vécut une époque troublée, celle de la première Révolution (1641-1649 - English Civil War), celle de la Restauration (1660-1688) auquel il faut inclure l'inter-règne de Cromwell (1649-1653/1653-1658) et sa mort ne put lui permettre d'envisager l'issue de ces troubles dans la Glorieuse Révolution (1688-1689- Bloodless Revolution). Ces crises anglaises l'obligea à l'exil à Paris de 1640 à 1651 et son retour se fit dans un contexte de retour d'un pouvoir autoritaire dont la légitimité restait en question (Cromwell, le Lord Protecteur; Charles II et la restauration d'une monarchie cependant affaiblie). Hobbes intervint à 3 reprises dans cette crise: une première fois en 1640 en diffusant quelques feuillets extraits des Eléments, une seconde fois en 1642 pour le première édition du De Cive, une troisième fois en publiant le Léviathan en 1651.

Réécrivant sa vie au crépuscule de celle-ci (Vies en vers et Vies en prose), Hobbes fait du Léviathan cette oeuvre monstrueuse l'ouvrage de sa vie. Ayant organisé toute sa vie en vue d'une oeuvre dont la finalité n'est autre que la refondation e toutes la philosophie (Corpus, Homine, Cive), la crise anglaise l'oblige à abandonner cette grande oeuvre pour un ouvrage, le Léviathan. Ainsi, le Léviathan de Hobbes est une oeuvre monstrueuse en ce sens qu'elle est la finalité détournée du projet de refondation intiale: le Léviathan est le soudain condensé d'un tryptique. Bien qu'en en mesurant toute l'importance, l'ouvrage de Hobbes échappe à son auteur pour devenir le seuil de notre modernité politique.



notes_i°3_vies en vers et en prose

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