Muybridge, L'homme qui court

Muybridge, L'homme qui court

lundi 10 décembre 2012

Synopsis du cours du 6/12/2012


Le matérialisme de Hobbes n'est pas que l'enfant d'une époque où la science se fait mécanisme. Bien que proche des milieux culturels qui ont permis l'émergence de la science moderne et la diffusion, par exemple, des oeuvres de Galilée, que Hobbes rencontre à 2 reprises, Hobbes n'en propose pas moins une définition singulière de la science. Ainsi, la science est l'art des définitions (Léviathan, chp.5)en tant qu'elle veille à la désignation précise des choses. Le mot est ici le seul véhicule de la vérité au détriment de la représentation finaliste héritière d'Aristote qui outrepasse les pouvoirs de la raison. Et puisque la science est l'art de nommer adéquatement ce qui est la causse d'un effet, elle est la connaissance des conséquences, c'est-à-dire autant de la dépendance d'un corps à un autre, d'un mot à une chose.
Par ailleurs, puisque savoir, c'est attribuer un juste nom aux choses, c'est aussi voir la relation qui enchaînent ensemble un ensemble de mots, un ensemble de chose: ainsi de la chose aux mots, des assertions entres elles, de la mise en relation des assertions jusqu'aux consécutions liées à ces assertions, l'art de la définition est un art de démontrer.
La science moderne est ainsi aux yeux de Hobbes cette raison qui court après la vérité: l'apprentissage  des mots nous donne pas à pas le chemin de la vérité: "la raison est le pas, le progrès de la science la route, et l'avantage du genre humain le but." (Léviathan, chp.5). La science est l'entrée de l'homme   dans  l'âge de raison. Quel obscurantisme alors de faire croire aux enfants que les filles naissent dans les fleurs et les garçons dans les choux, car nous leur parlons alors une langue étrangère qui retarde d'autant l'entrée dans le monde de la connaissance.
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Textes pour le cours du 13/12/2012 - I/3/ L'expérience ou l'origine du monde

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lundi 26 novembre 2012

Synopsis du cours du 22/11/2012 I/ Corps 1/ Matières ou l'épicurisme souterrain de Thomas Hobbes

Il peut paraître étonnant de faire le portrait d'un Thomas Hobbes en épicurien: le monstre de Malmesbury se prête mal à ce grimage libertin. Et cependant, la  thèse même d'un épicurisme souterrain permet d'éclairer deux aspects de l'accusation d'athéisme qui fut portée sur Hobbes. D'une part, Hobbes participe de cette courte renaissance de Lucrèce durant la décennie 1650-1660 en Angleterre autour de Margaret Cavendish, qui remet le matérialisme ancien au goût du jour; d'autre part, la triade Epicure, Galilée, Hobbes formera, aux yeux des opposants au Léviathan, l'association de malfaiteur qu'il faut confondre. Si le Léviathan est lu comme un traité matérialiste, bien qu'il ne contient qu'en filigrane les thèses matérialistes du De Corpore ou du Short Tract, c'est d'abord parce que Hobbes est une cible privilégiée pour tenter d'abattre cet avatar moderne du matérialisme ancien. Si le Léviathan est un livre monstrueux, c'est non seulement parce l'ouvrage a détourné Hobbes du tryptique qu'il envisageait (Corpus, Homine, Cive), mais aussi parce cette oeuvre a vu se concentrer sur elle toutes les critiques d'une Eglise qui vit en elle une hérésie : ce matérialisme est un athéisme libertin responsable de la peste (1665) et du grand incendie de Londres (1666). Ainsi, Hobbes passe pour un crypto-épicurien: sa doctrine politique cache un matérialisme qui s'attire les haines d'une époque troublée.

Et cependant, il s'agit pour l'essentiel de comprendre en quoi le matérialisme de Hobbes n'est pas un simple retour aux sources anciennes. Bien que lecteur et admirateur d'Epicure comme de Lucrèce, Hobbes n'en modernise pas moins ce matérialisme afin de le rendre conforme aux exigences de la science moderne. Ainsi, autant on peut dire que Hobbes fait sienne la thèse épicurienne selon laquelle rien ne naît de rien, faisant de la matière le seul constituant de toute chose, autant il prend ces distances avec son atomisme. En effet, l'épicurisme ancien postule que tout est matière, mais que cette même matière n'est connaissable que de façon discontinue: nous croyons que la matière se limite aux corps que nous percevons, mais nous ne voyons pas les corpuscules (ou atomes) qui composent toutes choses. Le matérialisme moderne voit moins loin que son aîné: il ne s'autorise à connaître que ce que la raison peut circonscrire (un corps comme unité de la raison); mais ce qu'il perd en extension (les limites de la connaissance humaine ne permettent pas de connaître ce que la raison ne peut seule concevoir), il le gagne en pertinence. Ainsi naît le nécessitarisme de la science moderne: puisque ne sont connaissables que les objets de la raison, alors il n'y a de vérité que dans le lien nécessaire (cause-effet) entre ces objets;  puisqu'il n'y a que des corps et que le reste n'est qu'imagination, alors la vérité est dans les chaînes qui lient les corps entre eux. La raison ne peut connaître que les chaînes de raisons qu'elle sait fabriquer.

lundi 19 novembre 2012

Annulation

Le cours du jeudi 29 novembre est annulé pour cause de conseil de classe. Il sera rattrapé le jeudi 20 décembre. (Pour rappel, le cours du jeudi 20 décembre a initialement été déplacé au lundi 17 décembre à partir de 18h30 à l'Odyssée). Il y a aura donc deux cours la dernière semaine de décembre avant les vacances de Noël, le lundi à 18h30 à l'Odyssée et le jeudi à 20h Cours St Louis

jeudi 15 novembre 2012

Synopsis des cours du 18 et 25/10 et du 15/11/2012


La biographie d'un auteur est une mine d'informations qui relèvent autant de l'anecdotes que de l'idiosyncrasie. Celle de Thomas Hobbes, philosophe anglais né en 1588 et mort en 1679 ne fait pas exception: sa biographie regorge d'évènements dont on  est tenté de croire qu'il donne du sens à l'oeuvre.  Ainsi de la menace de l'Invincible Armada qui pèse sur la naissance de Hobbes: elle peut relever de l'anecdote d'autant insignifiante qu'elle est erronée ou elle peut faire croire à une destinée marquée du sceau de l'effroi.
Ainsi, la vie d'un auteur est l'agréable détour qu'il faut savoir faire avant d'aborder l'oeuvre, mais la lecture de l'oeuvre seule nous en révèlera le sens. La vie est source de l'oeuvre du philosophe, mais cette source n'est est que l'origine temporelle; les méandres de la vie ne commande pas la possibilité de penser au-delà des contraintes du quotidien.

Dans le cas de Thomas Hobbes, il convient cependant d'être attentif au contexte historique. Notre ignorance des révolutions anglaises nous cachent ce contexte historique; notre prétention toute française à croire que seule la Révolution française abolit la monarchie et permit l'avènement des républiques à travers le monde nous aveugle quant à la spécificité de l'oeuvre de Hobbes. En effet, Hobbes vécut une époque troublée, celle de la première Révolution (1641-1649 - English Civil War), celle de la Restauration (1660-1688) auquel il faut inclure l'inter-règne de Cromwell (1649-1653/1653-1658) et sa mort ne put lui permettre d'envisager l'issue de ces troubles dans la Glorieuse Révolution (1688-1689- Bloodless Revolution). Ces crises anglaises l'obligea à l'exil à Paris de 1640 à 1651 et son retour se fit dans un contexte de retour d'un pouvoir autoritaire dont la légitimité restait en question (Cromwell, le Lord Protecteur; Charles II et la restauration d'une monarchie cependant affaiblie). Hobbes intervint à 3 reprises dans cette crise: une première fois en 1640 en diffusant quelques feuillets extraits des Eléments, une seconde fois en 1642 pour le première édition du De Cive, une troisième fois en publiant le Léviathan en 1651.

Réécrivant sa vie au crépuscule de celle-ci (Vies en vers et Vies en prose), Hobbes fait du Léviathan cette oeuvre monstrueuse l'ouvrage de sa vie. Ayant organisé toute sa vie en vue d'une oeuvre dont la finalité n'est autre que la refondation e toutes la philosophie (Corpus, Homine, Cive), la crise anglaise l'oblige à abandonner cette grande oeuvre pour un ouvrage, le Léviathan. Ainsi, le Léviathan de Hobbes est une oeuvre monstrueuse en ce sens qu'elle est la finalité détournée du projet de refondation intiale: le Léviathan est le soudain condensé d'un tryptique. Bien qu'en en mesurant toute l'importance, l'ouvrage de Hobbes échappe à son auteur pour devenir le seuil de notre modernité politique.



notes_i°3_vies en vers et en prose

jeudi 25 octobre 2012

La suée ANNULATION

ANNULATION
En raison d'un temps qui s'annonce indésirable et d'un trop petit nombre d'inscrits, la marche est reportée au printemps (date à définir). Marche philosophante de l'université Populaire Européenne
3 novembre 2012
De Munster au Glasborn en passant par hohrodberg

RDV à 9h15 en gare de Munster
Repas en commun à la ferme auberge du Glasborn
Retour prévu avant la nuit


Possibilité de loger sur place à mi-chemin (mais départ obligatoire depuis la gare de Munster):

Hotel Roess

Hotel Panorama

Marche annulée en cas de météorologie jugée trop menaçante.
Inscription libre (merci cependant de m'informer de votre venue).

lundi 8 octobre 2012

jeudi 27 septembre 2012

Thomas Hobbes soutient les Pussy Riot

" [L]es apôtres et autres ministres de l'évangile sont nos instituteurs, mais pas nos gouvernants, (...) leurs préceptes ne sont pas des lois, mais de bons conseils".
Hobbes, Léviathan, chp.42

mercredi 20 juin 2012

Bibliographie estivale

Bien que le cours portera essentiellement sur l'oeuvre maîtresse de Hobbes, le Léviathan, il est peut être plus plaisant de commencer à aborder l'auteur par petits bouts.

On pourra ainsi lire, pour se familiarise avec l'auteur:

Hobbes, De la nature humaine, trad° d'Holbach, éd° Vrin
Hobbes, Léviathan, chapitre 13 à 17, avec une présentation de B. Scheckenburger, éd° Folio Plus Philosophie

Une bibliographie plus complète sera proposée à la rentrée.

Des lectures plus légères peuvent agrémentées ces textes sérieux:
L'ensemble des Calvin et Hobbes de Watterson, encore que restent mystérieuses les raisons ayant poussées l'auteur à nommer son tigre "Hobbes".
Le Cromwell de Victor Hugo auquel on peut aussi associer le Marie Tudor.
Vingt ans après d'Alexandre Dumas qui mêlent histoire de France (Mazarin) et histoire d'Angleterre (capture et exécution de Charles Ier).
Mieux encore, le Léviathan de Julien Green est une variation morale sur la figure terrible du monstre de l'Apocalypse, le Léviathan de  Paul Auster et celui d'Arno Schmidt, sur ce monstre froid qu'est l'Etat.
L'oeuvre de J.F. Cooper est une assez juste illustration de l'état de guerre de tous contre tous et de la conquête des Amériques comme moment machavélien. On pourra lire l'ensemble du cycle des Leatherstocking (5 volumes des "Histoires de Bras-de-cuir") dont le plus connu est le dernier des mohicans. Dans la même veine mais dans un univers d'heroic fantasy, Le trône de fer (Game of thrône) et ses 13 volumes de R. R. Martin est aussi une variation sur la figure de la guerre comme fondement du politique. On pourra préférer sa brillante adaptation en série TV du même nom.
Enfin, le personnage de Jean Vautrin de Balzac (justement inspiré par celui de Bras-de-cuir de Cooper) est aussi une illustration intéressante. On pourra indifférement lire Le père Goriot, Splendeur et misère des courtisanes, Illusions perdues ou le député d'Arci.


Synopsis

Université Populaire Européenne de Strasbourg, année 2012-2013
Cours de philosophie, FLORENCE Grégoire
Renseignements et inscription: UniPop


Thomas Hobbes reste un philosophe sulfureux : « le monstre de Malmesbury » est encore aujourd'hui réduit à l'insatiabilité des désirs humains (power after power), la guerre de tous contre tous (l'homme est un loup pour l'homme) et la peur comme fondement de l'autorité (Le Léviathan). 
Le cours de cette année tentera de redonner à Hobbes toute sa splendeur et son élan : où l'on verra alors que le philosophe s'est fait monstre pour mieux mettre l'homme au centre des préoccupations de la science et montrer que le politique ne trouvera le chemin de la paix civile que par la raison.