Le matérialisme de Hobbes n'est pas que l'enfant d'une époque où la science se fait mécanisme. Bien que proche des milieux culturels qui ont permis l'émergence de la science moderne et la diffusion, par exemple, des oeuvres de Galilée, que Hobbes rencontre à 2 reprises, Hobbes n'en propose pas moins une définition singulière de la science. Ainsi, la science est l'art des définitions (Léviathan, chp.5)en tant qu'elle veille à la désignation précise des choses. Le mot est ici le seul véhicule de la vérité au détriment de la représentation finaliste héritière d'Aristote qui outrepasse les pouvoirs de la raison. Et puisque la science est l'art de nommer adéquatement ce qui est la causse d'un effet, elle est la connaissance des conséquences, c'est-à-dire autant de la dépendance d'un corps à un autre, d'un mot à une chose.
Par ailleurs, puisque savoir, c'est attribuer un juste nom aux choses, c'est aussi voir la relation qui enchaînent ensemble un ensemble de mots, un ensemble de chose: ainsi de la chose aux mots, des assertions entres elles, de la mise en relation des assertions jusqu'aux consécutions liées à ces assertions, l'art de la définition est un art de démontrer.
La science moderne est ainsi aux yeux de Hobbes cette raison qui court après la vérité: l'apprentissage des mots nous donne pas à pas le chemin de la vérité: "la raison est le pas, le progrès de la science la route, et l'avantage du genre humain le but." (Léviathan, chp.5). La science est l'entrée de l'homme dans l'âge de raison. Quel obscurantisme alors de faire croire aux enfants que les filles naissent dans les fleurs et les garçons dans les choux, car nous leur parlons alors une langue étrangère qui retarde d'autant l'entrée dans le monde de la connaissance.
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