Muybridge, L'homme qui court

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mercredi 29 mai 2013

Synopsis du cours du 16/5/2013 - Hétérodoxie du politique ou l'art de la guerre

La figure de la guerre dans l'oeuvre de Hobbes est pour le moins singulière. Elle est une guerre sans cadavres ni batailles. Il convient donc d'interroger cette notion pour en percevoir le rôle dans l'économie conceptuelle de l'oeuvre de Hobbes.
Car la guerre, de façon générale, est un "caméléon" (expression de Clausewitz dans De la Guerre, I, I, chp1, §28), c'est-à-dire une notion qui peut désigner autant toutes situations conflictuelles allant de la discorde au conflit circonscrit dans l'espace et le temps que le conflit armé usant de violences pour parvenir à détruire ce qu'il considère comme nuisible. Notion ambivalente, la guerre désigne autant le champ d'action du politique qui peut trouver dans le conflit armé une action possible que le champ de la violence qui court jusqu'à la barbarie. Ainsi du soulèvement de Deraa dans la guerre civile syrienne dont on dira qu'il est la traduction  armée d'un conflit politique mais des massacres de Houla, de Al-Koubeir ou de Treimsa dont on dira qu'ils sont le signe d'une barbarie qui n'a plus rien à voir avec le politique.

Dès lors, il convient de remarquer que la guerre est d'abord chez Hobbes la guerre civile, c'est-à-dire ce temps du politique où le pacte social se délite. C'est l'objet de la comparaison avec la menace de l'averse en ce sens où la guerre est relative à une durée, il est ce temps de la défiance de chacun envers tous. On ne s'étonnera donc pas de lire au chp 13 du Léviathan que la guerre de tous contre tous n'a jamais réellement existé. Car la guerre est un certain état du politique où la souveraineté du pouvoir est remise en cause, mais elle n'est violence entre les hommes que de façon circonscrite.
 Ainsi, on peut dire que, chez Hobbes, la guerre est le fondement du politique, c'est dire que le politique s'origine dans la violence des rapports sociaux mais est l'art d'échapper à la guerre. La violence n'est pas absente du politique mais doit cesser d'être l'objet de ce conflit perpétuel de tous contre tous pour trouver sa traduction légitime dans l'institution de la souveraineté.

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